Comité de Côte d'Or de la Ligue contre le cancer

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 LE DEPISTAGE DU CANCER DU SEIN EST-IL UTILE ET EFFICACE ?

 

Quand on minimise les avantages « réels » d’une action et qu’on majore ses difficultés « non moins réelles », on induit un trouble. Certes l’esprit scientifique se nourrit de doutes, mais il y a toutefois des choses avérées sur le dépistage.

 

Des faits non contestés

1.                    - Le dépistage ne prévient pas le cancer, il ne l’évite pas, il anticipe sur le diagnostic habituel,

2.                    - Le dépistage ne permet pas de guérir tous les cancers du sein, mais il augmente le nombre de guérisons,

3.                    - Chaque année, 10 000 françaises meurent d’un cancer du sein. Un dépistage efficace pourrait éviter 3 000 décès (fourchette haute) à 1 000 décès (fourchette basse). N’est-ce pas un objectif motivant ?

4.                    - Le programme national français est reconnu par les experts européens qui par ailleurs recommandent le dépistage dans l’Europe des douze puis dans l’Europe élargie (voir code européen contre le cancer).

 

Mais il est vrai que

1.                    - de très petits cancers peuvent échapper même à une double lecture,

2.                    - trop de tests déclarés positifs et non suivis de diagnostic du cancer, entraîneraient des angoisses inutiles et des surcoûts d’examens complémentaires. La solution existe : maintenir un taux de tests positifs dans les normes européennes, pas plus de 5 à 6 %. A partir de ce chiffre, on aboutit à un taux de cancers détectés de 3 à 5 cancers du sein  pour 1 000 mammographies de dépistage,

3.                    - Il y a un risque réel que des petits cancers du sein ou des états précancéreux, découverts par le dépistage, fassent l’objet de traitements trop lourds comme pour les cancers du sein plus évolués que l’on diagnostiquait par le passé. IL faut donc adapter les traitements. La solution existe : la démarche d’autorisation actuellement engagée va identifier les établissements de soin labellisés par la qualité de prise en charge, de telle façon qu’on n’observe plus de traitements surdimensionnés par rapport à l’agressivité réelle de la tumeur.

4.                    - Le rendement du dépistage paraît moins efficace qu’il n’était il y a dix ans car la taille moyenne des tumeurs dans le groupe non dépisté, est devenue plus petite à cause de l’éducation à la santé et du dépistage individuel. Donc le gradient, entre le cancer dépisté dans le programme national et hors du programme national, à tendance à se réduire.

 

Pour conclure, le dépistage de qualité suivi de traitement de qualité augmente le taux de guérison du cancer du sein et augmente la qualité de vie par l’évitement plus fréquent de la chimiothérapie pour les petits cancers.

 

Il ne faut pas oublier qu’on guérit actuellement 85 % des cancers du sein mais qui peut se satisfaire de ce chiffre ? LA LIGUE doit continuer à soutenir le programme de dépistage national du cancer du sein qu’elle a contribué à implanter, il y a plus de dix ans par le dynamisme de ses comités départementaux.

 

Le point le plus important à améliorer actuellement est la fréquentation du dépistage qui atteint difficilement 50 % en moyenne nationale. L’action de proximité des comités départementaux est essentielle pour relever le taux de fréquentation au dépistage.

   

Professeur Henri PUJOL

Ancien Président de la Ligue nationale contre le Cancer

 

 

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Date de mise à jour : 06/05/2010