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Comité de Côte d'Or de la Ligue contre le cancer 38 bis rue de Tivoli - BP40750 - 21007 Dijon cedex
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DEPISTAGE ORGANISE DU COLON ET DU RECTUM
RESUME
Le
cancer colorectal représente, par sa fréquence, le troisième cancer chez
l'homme et le deuxième chez En
France, on estime l’incidence à 37.000 nouveaux cas par an (chiffres 2005) :
19.900 cas chez l’homme (37,7/100.000 cas * ) et 17.500 cas chez la femme
(24,5/100.000 * ). Entre 1980 et 2005, le taux annuel d’évolution du cancer
colorectal a augmenté de 0,5 % chez l’homme et de 0,3% chez la femme. La
mortalité représente 16.865 personnes chaque année : 8.900 hommes
(15,2/100.000 *) et 7.964 femmes (8,9/100.000 * ). Entre 1980 et 2005, la
mortalité a diminué annuellement de 1,1 % chez l’homme et de 1,3% chez La
majorité des cancers du côlon se développent à partir de polypes adénomateux,
encore appelés adénomes. La détection et l’ablation des polypes adénomateux
permet donc de réduire le risque de cancer colorectal qui est d'autant plus élevé
que la taille du polype est plus importante. Le
dépistage du cancer du côlon et du rectum est basé sur la découverte de sang
microscopique (non vu à l’œil nu) dans les selles. En effet, très souvent
les gros polypes et les cancers de l'intestin saignent sur un mode discret et
non visible. Ce saignement microscopique pourra être repéré grâce à une
recherche de sang dans les selles. Un
programme de dépistage organisé du cancer colorectal a été mis en place sous
l’impulsion du ministère de la Santé, avec l'Assurance Maladie, les Conseils
Généraux et le soutien de la Ligue contre le Cancer. Il s'inscrit dans le Plan
Cancer. Il permet à toutes les personnes, hommes et femmes, de 50 à 74 ans de
bénéficier d'un dépistage gratuit du cancer du côlon, grâce à un test Hémoccult
II®.
(*)
Taux standardisé selon la structure d’âge de la population mondiale et
exprimé pour 100.000 personnes-années Généralités Le
côlon et le rectum sont situés entre l'intestin grêle et l'anus (Fig 1).
C'est dans le côlon que les matières fécales sont concentrées après réabsorption
de l'eau et du sel, puis acheminées jusqu'à l'ampoule rectale qui assure un rôle
de réservoir. La continence est assurée par un muscle, le sphincter anal.
Fig
1 Le
cancer colorectal représente, par sa fréquence, le troisième cancer chez
l'homme et le deuxième chez la femme. Sa fréquence augmente après 45 ans. Il
est découvert dans 73 % des cas au niveau du côlon et de la région
recto-sigmoïdienne et dans 27 % des cas dans le rectum. L’âge moyen au
diagnostic est de 72 ans chez l’homme et de 75 ans chez la femme. En
France, on estime l'incidence à 37.000 nouveaux cas par an (chiffres 2005) : 19.900 cas
chez l’homme (37,7/100.000 cas * ) et 17.500 cas chez la femme (24,5/100.000 *
). Entre 1980 et 2005, le taux annuel d’évolution du cancer colorectal a
augmenté de 0,5 % chez l’homme et de 0,3% chez la femme. La
mortalité représente 16.865 personnes chaque année : 8.900 hommes
(15,2/100.000 *) et 7.964 femmes (8,9/100.000 * ). Entre 1980 et 2005, la
mortalité a diminué annuellement de 1,1 % chez l’homme et de 1,3% chez la
femme. Le taux français de survie après un cancer colorectal est l'un des meilleurs
d'Europe avec une survie relative à 5 ans de 57
% chez les femmes et 54 % chez les hommes. La
France métropolitaine (hors Réunion) se situe parmi les régions à risque élevé
comme les autres pays d'Europe de l'Ouest, les USA, l'Australie et, plus récemment,
le Japon. Facteurs
de risque La majorité des cancers du côlon se développent à partir de polypes adénomateux, encore appelés adénomes, qui sont au départ des lésions bénignes se présentant soit comme de petits nodules posés sur la muqueuse de l'intestin (Fig 2), soit comme un nodule appendu en battant de cloche (Fig 3).
Fig
2
Fig
3 La tumeur maligne va prendre naissance en général sur la muqueuse de gros polypes (Fig. 4) et s'étendre progressivement à tout le polype, puis à toute la paroi de l'intestin (Fig. 5).
Fig
4
Fig
5 On
espère donc que la détection et l’ablation des polypes adénomateux
permettra de réduire le risque de cancer colorectal qui est d'autant plus élevé
que la taille du polype est plus importante. Bien
que tous concernés, certaines personnes sont plus exposées au risque de cancer : -
celles atteintes d’une poly-adénomatose familiale (ou polypose rectocolique
familiale) caractérisée par une multitude de polypes intestinaux ou encore
celles présentant un syndrome HNPCC encore appelé syndrome de LYNCH : maladie
héréditaire se manifestant chez des sujets jeunes par l’apparition de
cancers d’emblée sans polypose préalable. Ces cancers héréditaires représentent
moins de 10 % de l'ensemble des cancers colorectaux et surviennent avant 40 ans,
préférentiellement aux dépens du côlon droit. -
celles qui ont des antécédents familiaux de cancers ou de polypes colorectaux -
celles qui ont une forme étendue et ancienne d’une maladie inflammatoire de
l’intestin (rectocolite hémorragique ou maladie de Crohn).
L’alimentation
joue certainement un rôle important dans le développement du cancer du côlon :
viande rouge, alcool chez l’homme et obésité sont les facteurs reconnus.
Alors qu’on relève un rôle protecteur par la consommation régulière de
fibres (légumes, fruits céréales), de lait, de calcium et l’exercice
physique régulier. Quels
sont les sujets à risque ? On
peut classer la population en trois groupes en fonction de leur niveau de risque
: un
groupe à risque moyen : tous
les sujets de plus de 50 ans, même sans troubles digestifs, chez qui on
proposera une recherche de sang dans les selles par Hemoccult tous les deux ans
à partir de 50 ans. Une
coloscopie sera faite en cas de résultat positif du test. un
groupe à risque élevé : ·
des sujets ayant eu eux-mêmes un polype de plus de ·
des sujets ayant un parent du premier degré
(père, mère, frère, sœur, enfant) de moins de 60 ans ayant eu un cancer de
l’intestin ou ayant deux parents quel que soit leur âge. Dans
ce groupe une coloscopie de dépistage est proposée à partir de 45 ans ,ou 1O
ans avant l’âge du diagnostic du cancer du parent si celui-ci avait moins de
55 ans .Après une coloscopie
normale une surveillance tous les 5 ans est suffisante. Après 74 ans, la stratégie
de dépistage doit être individuellement évaluée... ·
des patients qui ont des antécédents de maladie inflammatoire de
l’intestin étendue et ancienne type recto-colite ulcéro-hémorragique ou
maladie de Crohn Une
coloscopie de dépistage est proposée tous les 2 ans après 15 à 20 ans d’évolution
de la maladie. Un
groupe à risque très élevé dans
les formes héréditaires : Il
concerne les sujets atteints de poly-adénomatose familiale (P.A.F) ainsi que
ceux porteurs de cancers colorectaux héréditaires sans polypose (Syndrome
HNPCC encore appelé syndrome de LYNCH). La
poly-adénomatose familiale représente moins de 1 % des cancers colorectaux. Elle atteint des sujets
jeunes.. On recommande une
consultation d’oncogénétique avec recherche d’une anomalie génétique
(mutation constitutionnelle délétère sur le bras long du chromosome 5). Le
risque de survenue de cancer colorectal est quasi certain, aussi on procèdera
à une coloscopie courte annuelle dès l’âge de 14 ans. Si le diagnostic de
polypose est confirmé, il faut discuter de la date de la coloprotectomie totale
(ablation totale du côlon et du canal anal) dès la fin de la puberté (vers 17
ans). Le
syndrome de Lynch (HNPCC) contribue pour 1 à 5 % des cancers
colorectaux. Ce sont des cancers héréditaires sans polypose et un diagnostic génétique
est maintenant possible dans ces familles. La surveillance préconisée est une
coloscopie totale tous les 2 ans dès l’âge de 20-25 ans (ou 5 ans avant l’âge
du cancer le plus précoce de la famille, si celui-ci est apparu avant l’âge
de 25 ans). Chez
les femmes, en raison du risque de cancer du corps de l’utérus associé à
cette pathologie, un examen gynécologique annuel après l’âge de 30 ans est
conseillé, complété par une échographie endovaginale et un frottis endo-utérin. Pour
ces deux affections, les sujets ayant bénéficié d’un test génétique et
non porteurs de la mutation familiale doivent être suivis comme dans la
population générale. Symptômes Le
cancer du côlon peut rester longtemps asymptomatique. Les
signes cliniques sont variés et non spécifiques : troubles du transit
intestinal (constipation, diarrhées, alternance des deux), saignements dans les
selles, pas toujours visibles, douleurs coliques par crises de 2 à 3 jours
(colites), anémie persistante non expliquée. Le diagnostic est difficile,
souvent tardif et révèle une tumeur déjà importante. D'où l'intérêt d'un
diagnostic le plus précoce possible. A
un stade avancé, des complications comme l'occlusion ou la perforation tumorale
ou encore une altération de l'état général peuvent révéler le cancer. On
conseillera toujours un examen médical lors de la survenue d’hémorroïdes
chez un sujet après 45 ans, signe parfois avant coureur d’une tumeur rectale. Diagnostic Pour
le cancer du côlon : par la coloscopie totale, sous anesthésie générale
brève, qui permet de visualiser la lésion, de réaliser des biopsies et
d’enlever la plupart des polypes observés (Fig 6).
Fig
6 Pour
le cancer du rectum : plus accessible, le diagnostic est fait par
l’examen clinique grâce au toucher rectal et par la rectoscopie qui permet
des biopsies. Cet examen doit être complété par une coloscopie. Si
un cancer est détecté, on appréciera son étendue par d’autres examens :
échographie endorectale, radiographies, scanner ou IRM à la recherche de métastases
pulmonaires ou hépatiques et divers examens biologiques hépatiques (examens de
sang) dont le dosage de l’Antigène Carcino Embryonnaire (ACE). Le
dépistage organisé Le
dépistage du cancer du côlon et du rectum est basé sur la découverte de sang
microscopique (non vu à l’œil nu) dans les selles. En effet, très souvent
les gros polypes et les cancers de l'intestin saignent sur un mode discret et
non visible. Ce saignement microscopique pourra être repéré grâce à une
recherche de sang dans les selles (Hémoccult II®.) Si
celui-ci est positif, il conviendra d'effectuer un examen approfondi de
l'intestin par une coloscopie (introduction d'un tube dans l'intestin sous
anesthésie générale) qui permettra de visualiser les lésions et de les prélever
pour examen histologique. De cet examen, dépendra la suite du traitement éventuel,
si la lésion est cancéreuse. Il
convient de signaler qu'un test positif n'est pas forcément synonyme de cancer,
mais justifie toujours une exploration de l'intestin. Le
test Hemoccult II Un
programme de dépistage organisé du cancer du côlon a été mis en place sous
l’impulsion du ministère de la Santé, avec l'Assurance Maladie, les Conseils
Généraux et le soutien de la Ligue contre le Cancer. Il s'inscrit dans le Plan
Cancer. Il permet à toutes les personnes, hommes et femmes, de 50 à 74 ans de
bénéficier d'un dépistage du cancer du colon gratuit, par la technique de
l’Hemoccult ®. Ce
test, basé sur la découverte de sang microscopique dans les selles, témoigne
d’un saignement de la muqueuse intestinale ; ce saignement pouvant
provenir d’une inflammation de l’intestin, d’un polype ou d’une tumeur,
mais nécessitant une exploration approfondie par coloscopie.
Votre
médecin traitant vous remettra 3 plaquettes (Fig 7) permettant cet examen de détection
de saignement microscopique ainsi que l’enveloppe pour envoi du test. Vous prélèverez
sur trois selles consécutives un peu de matières fécales à l'aide des
spatules fournies. Ce prélèvement de selles, qui ne doit pas excéder la
taille d'une lentille, sera déposé sur chacune des 2 petites fenêtres
situées sur une des faces de la plaquette. Les 3 plaquettes, bien identifiées
par votre nom et votre adresse, insérées dans l’enveloppe remise à cet
effet par votre médecin, doivent être adressées au Centre de gestion du
dépistage. Le laboratoire effectuera la recherche de sang sur la face opposée
de la plaquette où vous avez déposé vos selles. Le résultat de l'examen vous
sera adressé par courrier. Si l'examen s'avère positif, il conviendra de
prendre contact immédiatement avec votre médecin qui vous conseillera une
coloscopie.
Fig
7
Ce
test HemoccultII® ne détecte pas tous les cancers (1 cancer sur 2) et les gros
adénomes (1 sur 5). Mais sa pratique et sa réalisation régulière tous les 2
ans, permettront de diminuer la mortalité de 30 % par cancer colorectal chez
les personnes ainsi suivies et de 15 à 20 % dans la population générale. En
cas d’apparition de symptômes anormaux, même en présence d’un test négatif,
il convient de consulter son médecin.
Conclusion Si
le test est positif, il conviendra de prendre contact immédiatement avec votre
médecin qui vous conseillera une coloscopie. Il est nécessaire de renouveler
le test tous les 2 ans Il
conviendra de consulter votre médecin traitant en cas d’apparition de symptômes
anormaux (modification soudaine du transit intestinal, présence de sang dans
les selles…), même si le dernier test est négatif. Dans
l'avenir, il est probable que soit mis en oeuvre un test immunologique de dépistage
de recherche de sang occulte dans les selles avec lecture automatisée
permettant une évaluation quantitative. Des évaluations de fiabilité de la
technique sont en cours.
Sources
: - Ligue Nationale contre le cancer
- Institut
National du CAncer - Fédération Nationale des Observatoires Régionaux de Santé
Validation
:05/2008 : Groupe Dépistage de la Ligue Nationale contre le cancer :
Mmes Drs Faivre, Sancho-Garnier, Weil – MM. Drs Arnal, Bastien, Catanzano,
Dancourt, Hirsch, Janser, Mme Le Cain, M. Delaunay.
Quelques résultats du dépistage en Côte d'Or (2004)
En Côte d'Or, 130.000 personnes sont concernées par cet examen. En 2004, plus de 50 % de la population avait effectué ce test qui a été positif chez 1.728 personnes (1,33 %). 1.336 personnes (77,3 %) ont bénéficié d'une coloscopie qui a permis de retrouver 594 polypes (44,5 %) et surtout 112 cancers débutants (8,4 %). Une étude récente faite par l'équipe dijonnaise du Professeur Faivre (Registre des tumeurs digestives de Côte d'Or) a montré qu'une couverture supérieure ou égale à 50 % de la population par l'utilisation de ce test, permettait une réduction de mortalité de 18 %. C'est dire tout l'intérêt de cet examen de dépistage dont on espère à terme, par sa large diffusion, une réduction de 30 % de la mortalité par cancer du colon.
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