Comité de Côte d'Or de la Ligue contre le cancer

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DEPISTAGE DU CANCER DE LA PROSTATE

 

Résumé

 

La prostate est une glande qui fabrique le liquide séminal, composant du sperme, et qui est située à la sortie de la vessie sur l’urètre. Elle entoure l’origine de l’urètre comme un manchon, ce qui permet de comprendre les troubles urinaires liés à l’augmentation de volume de l’organe. Anatomiquement, la prostate se situe juste en avant du rectum, si bien qu’au cours d’un toucher rectal, le médecin peut en apprécier son volume et sa consistance.

 

Le cancer de la prostate est un cancer fréquent : premier cancer chez l’Homme avec 62.245 nouveaux cas par an en France estimé pour 2005, et par sa mortalité : deuxième cause de mortalité chez l’Homme avec 9.202 décès annuels (2005). Ce cancer est  rare avant 50 ans, et sa fréquence augmente avec l’âge. À 75 ans, c’est le cancer le plus fréquent chez l’homme.

 

Le cancer de la prostate n’occasionne pas de troubles urinaires quand il se développe en périphérie de la prostate et ne comprime pas l’urètre. Cependant, il peut occasionner des troubles urinaires semblables à ceux que provoque l’adénome (tumeur bénigne de la prostate).

 

Le diagnostic repose sur la palpation de la prostate lors d’un toucher rectal et par le dosage sanguin du PSA (Prostatic Specific Antigen), protéine secrétée par les cellules normales de la prostate et par les cellules cancéreuses. Un taux élevé de PSA ou sa progression rapide sont des éléments qui font suspecter un cancer de la prostate. Des biopsies de la prostate sont nécessaires au diagnostic.

 

L’opportunité d’un dépistage systématique a fait l’objet de nombreuses évaluations. L’ensemble des agences d’évaluation en santé qui se sont prononcées sur le thème, ont conclu que le dépistage systématique dans la population générale ne permettait pas de diminuer la mortalité par cancer de la prostate.

 

Même si pour l’instant le dépistage systématique du cancer de la prostate n’est pas recommandé par les autorités de santé, il est défendu par L'Association Française d'Urologie qui propose, pour les personnes présentant un risque familial, un toucher rectal et un dosage de PSA, tous les ans, chez les hommes de 50 à 75 ans. Ce dosage peut être débuté à 45 ans chez les patients à risque (antécédents familiaux et homme d'origine afro-antillaise). En effet, il permet de diagnostiquer des tumeurs à un stade localisé et donc curable.

 

 

Dépistage du cancer de la prostate

 

La prostate est une glande qui appartient au système génital de l'homme. Située sous la vessie, elle fabrique le liquide séminal, composant du sperme.

 

Elle est située à la sortie de la vessie sur l’urètre. L’urètre est le canal qui part de la sortie de la vessie et s’étend jusqu’à l’extrémité du pénis (verge). Il permet l’évacuation de l’urine et  traverse donc la prostate. Autrement dit, la prostate entoure l’origine de l’urètre comme un manchon, ce qui permet de comprendre les troubles urinaires liés à l’augmentation de volume de l’organe.

 

La fonction essentielle de la prostate est de sécréter une composante du liquide spermatique qui, avec les spermatozoïdes fabriqués dans les testicules, constitue le sperme ; c’est la contraction de la prostate qui permet l’éjaculation. La prostate est sous la dépendance de l’hormone masculine appelée testostérone.

 

A l’état normal, la prostate a la taille d'une noix, mais elle a tendance à grossir avec l'âge: c'est l'hypertrophie bénigne ou adénome de la prostate, responsable de troubles urinaires mais qui, comme son nom l'indique, est totalement bénigne.

 

Anatomiquement, la prostate se situe juste en avant du rectum, si bien qu’au cours d’un toucher rectal, le médecin peut en apprécier son volume et sa consistance.

 

     

 

Le cancer de la prostate est un cancer fréquent : premier cancer chez l’Homme avec 62.245 nouveaux cas par an en France estimé pour 2005, et par sa mortalité : deuxième cause de mortalité chez l’Homme avec 9.202 décès annuels (2005).

 

Ce cancer est  rare avant 50 ans, et sa fréquence augmente avec l’âge. À 75 ans, c’est le cancer le plus fréquent chez l’homme.

C’est l’allongement de l’espérance de vie des hommes et l’extension du dépistage qui expliquent l’augmentation progressive d’incidence (estimée à  + 6,3 % entre 1980 et 2005)

 

 

Les tumeurs bénignes de la prostate

 

La prostate, comme tout organe, peut être le siège d'un développement tumoral. Ces tumeurs ne sont pas forcément malignes. La plus fréquente est une tumeur bénigne, l’adénome, qui correspond à une augmentation de taille du centre de la prostate (les médecins parlent alors d’hypertrophie bénigne de la prostate). L’adénome de la prostate est très fréquent. Après l’âge de 50 ans, près de la moitié des hommes en sont atteints. Il peut être décelé par le médecin, en particulier lors du toucher rectal.

 

L’adénome peut entraîner des troubles urinaires, en particulier lorsqu’il est volumineux. Les troubles sont facilement expliqués par les notions anatomiques exposées plus haut. Comme la prostate entoure l'urètre, une tumeur prostatique peut le comprimer, gênant l'évacuation de l’urine qui se fait plus difficilement (jet de moindre puissance) et incomplètement (résidu post-mictionnel).

Tardivement, une rétention chronique d’urines peut altérer la fonction des reins et aboutir à une insuffisance rénale. La présence d’une tumeur prostatique provoque également des envies plus fréquentes (besoin de se lever une ou plusieurs fois la nuit), ou de fausses envies d'uriner, tant la nuit que le jour.

Le traitement de l’adénome prostatique peut dans un premier temps relever d’un simple traitement médicamenteux, mais le recours à la chirurgie est souvent nécessaire au bout d’un certain temps. La résection prostatique (la résection consiste à disséquer et à retirer un fragment plus ou moins important d’un organe, voire l’organe entier) se fait le plus souvent par les voies naturelles, au cours d’une endoscopie.

 

 

Le cancer de la prostate

 

Ø      Les  facteurs de risque

 

Il n’existe pas de mesure préventive spécifique du cancer de la prostate. La publication de World Cancer Research Found en 2007 conclut que la consommation régulière d’aliments riches en lycopène (tomates), et/ou en sélénium (céréales, légumineuses, œufs, poissons) diminue probablement le risque de cancer de la prostate, alors que la consommation d’aliments riches en calcium l’augmenterait.

 

Certaines personnes ont un risque de cancer prostatique plus élevé que la moyenne : il s’agit des individus

Ø      Soit ayant deux parents proches (par exemple un père + un grand père ou un grand-père + un oncle) atteints de cancer de la prostate ;

Ø      Soit ayant un parent proche atteint de cancer de la prostate à moins de 50 ans ;

Ø      Soit d’origine africaine ou antillaise.

 

Pour ces personnes à risque, l’unique précaution actuellement recommandée est de commencer un dépistage régulier 5 avant l’âge où le parent atteint a eu son cancer.

 

Ø   Les signes cliniques

 

Le cancer de la prostate, bien qu’étant le cancer le plus fréquent chez l’homme, est beaucoup plus rare que l’adénome de la prostate. Le plus souvent, le cancer de la prostate n’occasionne pas de troubles urinaires. En effet, le cancer se développe le plus souvent en périphérie de la prostate et ne comprime pas l’urètre.

 

Cependant, il peut arriver que le cancer occasionne des troubles urinaires, en particulier à un stade avancé. Les troubles liés au cancer sont alors semblables à ceux que provoque l’adénome.

 

-         fréquence anormale des besoins d’uriner, surtout la nuit ;

-         difficulté d'émettre les urines : temps d’attente, jet faible, évacuation incomplète ;

-         parfois blocage complet (rétention aiguë d’urine) ;

-         présence de sang dans le sperme ;

-         douleurs en urinant.

 

Chacun de ces signes doit amener à consulter son médecin.

 

Le cancer de la prostate peut aussi se manifester par des douleurs osseuses, révélatrices de métastases. Le cancer de la prostate, après un certain temps d’évolution, va en effet s’étendre à distance (métastases), surtout dans les os et les ganglions abdominaux, parfois dans le cerveau, les poumons, le foie. La progression de la tumeur vers le stade métastatique après 10 ans de suivi concerne globalement moins d’1 patient sur 5 (en fonction des caractéristiques tumorales).

 

Le diagnostic de cancer de la prostate peut aussi se faire de façon fortuite, au cours d’un bilan de santé par exemple, alors même qu’il n’existe aucun symptôme clinique.

 

De nombreux cas de cancer de la prostate survenant chez des personnes âgées sont des données d’autopsie, c’est à dire que le cancer était cliniquement muet et que le patient est décédé d’une autre cause. La proportion de formes latentes (non évolutives) augmente avec l’âge : elle est de 20 % vers 65 ans et de 40 % vers 75 ans. Seuls 20 à 45 % de ces cancers évolueront vers une forme invasive en une dizaine d’années.

 

 

Ø      Le diagnostic

 

Les moyens de diagnostic du cancer de la prostate sont en premier lieu l'examen clinique. Celui-ci repose sur la palpation de la prostate lors d’un toucher rectal. Cet examen permet d’apprécier le volume de la glande et sa consistance. Le toucher rectal peut être très évocateur pour un praticien exercé.

 

Le dosage sanguin du PSA (Prostatic Specific Antigen) est le deuxième élément fondamental de la détection. Le PSA est une protéine secrétée par les cellules normales de la prostate et par les cellules cancéreuses. Ce marqueur tumoral ne signe pas automatiquement un cancer de la prostate ; il peut en effet être augmenté dans diverses affections prostatiques, y compris l’adénome prostatique ou une prostatite. Un taux élevé de PSA ou sa progression rapide sont des éléments qui font suspecter un cancer de la prostate.

 

La mesure du PSA se fait par une simple prise de sang. Normalement, le PSA se situe en dessous de 4 nanogrammes par ml (ng/ml). Ce taux augmente avec l’âge, la limite de normalité doit donc être modifiée avec l’âge.

Ce taux peut être influencé par l’activité sexuelle ; il est donc recommandé d’observer une abstinence de 48 heures avant le dosage.  Il s’élève également après un toucher rectal ce qui amène à retarder le dosage d’une quinzaine de jours après cet examen.

 

Si le taux de PSA ne permet pas seul de faire un diagnostic, il peut servir pendant le traitement de marqueur de l’efficacité de celui-ci ; après le traitement, il peut permettre de détecter précocement une reprise du cancer signée par une remontée du taux de PSA.

 

Des biopsies de la prostate seront indispensables pour lever un doute secondaire à l’examen clinique et au dosage du PSA. Les biopsies consistent à prélever de petits fragments du tissu prostatique pour l’examiner au microscope (examen histologique réalisé par un médecin anatomopathologiste). Ce prélèvement se fait à l'aide d'une aiguille spéciale et par voie rectale ; l'examen n'est pas douloureux et peut se pratiquer sans anesthésie ni hospitalisation. Les biopsies permettront d'affirmer le diagnostic de cancer et de fournir des informations pronostiques sur l'agressivité des cellules (grade cellulaire de Gleason ). En revanche, un résultat négatif ne permet pas d’écarter formellement la présence d’un cancer, les biopsies ayant pu se faire en tissu sain, à côté du tissu tumoral. Si le médecin a un doute, il prescrira une deuxième série de biopsies.

 

Ø      Le dépistage

 

Compte tenu de la fréquence du cancer de la prostate et de sa gravité potentielle, la question de son dépistage (en l’absence de tout symptôme) par un dosage sanguin de PSA (Prostatic Specific Antigen) dans la population générale suscite de nombreux débats.

 

Le dosage sanguin du PSA total est le test de détection du cancer de la prostate. Sa positivité déclenchera les examens habituels à la recherche d’un cancer de prostate.

 

L’opportunité d’un dépistage systématique a fait l’objet de nombreuses évaluations. L’ensemble des agences d’évaluation en santé qui se sont prononcées sur le thème, dont l’ANAES (Agence Nationale d’Accréditation et d’Evaluation en Santé, aujourd’hui confondue avec la Haute Autorité de Santé) et l’International Network of Agencies for Health Technology Assessment (INAHTA), regroupant alors 15 agences d’évaluation en santé, ont conclu que le dépistage systématique dans la population générale ne permettait pas de diminuer la mortalité par cancer de la prostate.

 

Même si pour l’instant le dépistage systématique du cancer de la prostate n’est pas recommandé par les autorités de santé, il est défendu par L'Association Française d'Urologie qui propose, pour les personnes présentant un risque familial, un toucher rectal et un dosage de PSA, tous les ans, chez les hommes de 50 à 75 ans. Ce dosage peut être débuté à 45 ans chez les patients à risque (antécédents familiaux et homme d'origine afro-antillaise). En effet, il permet de diagnostiquer des tumeurs à un stade localisé et donc curable.

 

POUR EN SAVOIR PLUS : Commande

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Date de mise à jour : 06/05/2010