22ème Colloque sur la Recherche contre le cancer

Quoi de neuf au 22ème Colloque annuel de la recherche de la Ligue contre le cancer à Amiens 29-30 janvier 2020

 

L’objectif du colloque est destiné à faire le point sur les connaissances et les travaux en cours financés par la Ligue contre le cancer grâce à la générosité des donateurs.

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Points abordés : (selon une sélection personnelle de l’auteur)

Agir au plus tôt : la recherche en prévention

Prévention : – prévenir la maladie (vaccination) ; – décaler l’apparition de la maladie (cancer du sein) ; – retarder l’évolution (hygiène de vie).

  • -Tabac chez les jeunes
  • -Risque de leucémie secondaire à long-terme des traitements en radiothérapie.
  • -Conséquences sur la santé des expositions professionnelles et environnementales aux cancérogènes. Augmentation des maladies du sang dans la région d’Avignon.
  • Problèmes : méconnaissance de la toxicité des substances toxiques au travail. Elles échappent à la perception des travailleurs. Problème de protection.
  • Entre 2013 et 2017 :  1 800 cancers reconnus maladies professionnelles, soit < 0,5%. Pourtant, en 2017, on a  estimé à 100 000 à 130 000 décès dans l’UE liés à des causes professionnelles, avec un coût annuel de 273 à 616 milliards d’euros.
  • En 2019 lancement d’une cohorte de 158 patients dans la région d’Avignon. Secteurs plus particulièrement ciblés, milieu agricole, BTP, secteur du nettoyage, coiffure, utilisation d’agents anti-infectieux.

La recherche en Sciences humaines et sociales

  • La relation émotionnelle des patients et proches-aidants face au cancer. Nécessité d’un ajustement face au changement de vie suite à l’annonce du diagnostic. Relations avec le malade, la famille et les amis. Inquiétudes, stress, relation avec le médecin, fin de vie.
  • L’empathie des médecins : impact pour les patients et sur la relation patient-aidant. Effets favorables, moins d’anxiété, traitement mieux accepté. Quelle empathie?
  • Empathie émotionnelle «…je sais que c’est difficile pour vous ; je comprend totalement » ou empathie cognitive « ce n’est pas une bonne nouvelle, mais je vais faire le maximum ».

La recherche en immunologie et en immunothérapie

  • Exploiter le potentiel de l’immunité innée dans le traitement des cancers. Ex. vaccination (pré-virale ex. HPV)
  • Stratégies : construction de nouveaux acteurs de l’immunité ; ciblage et redirection des activités du système immunitaire,
  • L’inflammation est connue pour alerter le système immunitaire. La qualité de la réponse des patients dépend du microbiote et du micro-environnement tumoral. Toutes les cellules ne répondent pas de la même manière.

d’après Frédéric Vely Marseille 2020

 

De la recherche aux traitements

Le cancer est un écosystème. C’est un ensemble hétérogène dynamique, associant cellules tumorales et de multiples cellules de l’hôte participant à la progression tumorale (ex. cellules saines, fibroblastes, lymphocytes, cellules NK, cellules myéloïdes, adipocytes, macrophages, cellules dendritiques…). Multi dialogues entre tous les acteurs.

Les LAM (Leucémies Aiguës Myéloïdes). C’est un cancer affectant les cellules hématopoïétiques de la moelle osseuse. Chez l’adulte et chez l’enfant. Elles représentent 3 500 cas par an, en particulier des enfants.

Cancer des enfants : 2 500 cas par an, 500 décès (x 6 dans l’UE), 82% de survie à 5 ans, 45% après 20 ans. Beaucoup d’effets secondaires.

La Ligue consacre 10% de ses aides à la recherche sur les cancers des enfants qui représentent 0,1 à 1% des cas de cancer.

La chimiothérapie programmée est basée sur la vectorisation pour garantir l’avenir et la qualité de vie des enfants après un cancer.

Vectorisation basée sur 4 composants : support clivable, albumine, cible moléculaire, candidat médicament (inactif). Au stade de tests in vitro

D’après Christophe Grosset, Bordeaux

Nouvelles approches d’études

Un lieu commun ; « Il faut se battre contre son cancer »

 

Cerveau et tumeurs : les deux faces de Janus

Un nouvel acteur du micro-environnement  tumoral: le neurone. Jusque là, on ne connaissait que 2 zones dans lesquelles des neurones immatures se différenciaient vers leur forme mature, toutes deux situées dans le cerveau. En passant du cerveau à la circulation sanguine, certains neurones immatures gagnent les tumeurs et augmentent leur agressivité (travaux de Claire Magnon et coll. Nature 2019).

Les cellules prostatiques cancéreuses sont associées à des neurones qui favorisent la croissance des cellules de la prostate. Il existe des filaments neuronaux reliés au système nerveux qui jouent un rôle dans le système hématopoïétique. Le SNA (système nerveux autonome, ou viscéral) libère des neurotransmetteurs  directement dans les tumeurs. Innervation adrénergique-> excroissance axonale. Blocage béta bloquants.

 

Le stress

Le microenvironnement tumoral est un puzzle. C’est un néo-organe qui se développe.
En 1954 le système nerveux avec extrait de sarcome-> facteurs de croissance qui stimulent la tumeur. Le stress affecte en induisant le cancer mammaire chez la souris. Plus de souris avec tumeurs quand le stress est haut. Le stress stimule les neurones hypothalamiques, glande surrénale, cortisol, système immunitaire -> sang.

 

Norbert LATRUFFE
Professeur Émérite à l’Université de Bourgogne, Dijon
Chercheur bénévole au laboratoire de Biochimie