Chronique 32. Facteurs environnementaux influençant les risques de cancer.

On savait qu’un bon capital génétique transmis par nos parents était important pour vivre longtemps et en bonne santé, mais celui-ci n’est pas exclusif. En effet, même si notre ADN peut révéler des faiblesses, comme certaines prédispositions, par exemple hypertension, obésité, oncogènes, diabète, anomalies sanguines, etc, la prévalence de développer une pathologie comme un cancer peut être abaissée par une bonne hygiène de vie.

L’étude de Santé Public France publiée le 22 juin 2018 dans le BEH n°21 (Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire) (1) rapporte les nouveaux cancers attribuables au mode de vie et à l’environnement. Rien que nous ne connaissions déjà, mais utile de le rappeler (Table 1). Les risques sont largement attribuables au tabac (cancer du poumon…), puis dans une moindre mesure à l’alcool en excès (cancers du foie, des voies aérodigestives, du sein…), ou encore à une alimentation non équilibrée et à l’obésité (cancer du sein). Evidemment le risque de développer un cancer sera démultiplié avec la conjonction de plusieurs facteurs, même ceux où la fréquence est plus faible. Inversement, avec une bonne hygiène de vie, 4 cancers sur 10 pourraient être évités (1) avec en premier lieu le cancer du poumon, suivi du cancer du sein et du cancer colorectal.

Par ailleurs, la composante sociale doit être analysée, notamment dans le cas de rémission d’un cancer, afin d’éviter une récidive ou l’apparition d’un autre cancer. C’est ce que nous enseigne une étude de l’INCa juin 2018 (2) sur la relation entre un cancer et son impact sur l’emploi ou la vie de couple 5 ans après. Si les données médianes sont 68,5% en poste professionnel, 10,9% en temps partiel et 6,8% au chômage, on voit des disparités selon le type de cancer, avec un impact faible pour le mélanome à fort pour le cancer du poumon avec la décroissance suivante, sein, thyroïde, lymphome non Hodgkinien, vessie-rein-prostate, colon et rectum, corps et col de l’utérus, et voies aérodigestives. Selon l’emploi, un impact plus faible dans les fonctions d’encadrement que dans celles d’exécution. Cinq ans après, selon les déclarations, la santé physique et mentale est faiblement affectée (sensations douloureuses), moyenne (séquelles, fatigue), à forte (santé mentale). C’est sans doute sur ces facteurs qu’il faut jouer pour éviter des récidives. La vie de couple est relativement préservée, ce qui est important, même si les relations sexuelles peuvent être affectées selon les cancers.

Références

1-Hervé Morin 2018. En France, 4 cancers sur 10 pourraient être évités. Le Monde 26 juin, p 6

2-Françoise Béguin (2018. Emploi, vie de couple… quelle vie 5 ans après un cancer ? Le Monde, jeudi 21 juin, p 9

 

Norbert Latruffe

Professeur Émérite à l’Université de Bourgogne, Dijon

Chercheur bénévole au laboratoire de Biochimie