Moins de risques d’évolution vers un cancer du foie pour les personnes contaminées grâce aux travaux des Prix Nobel 2020.

Les virus, particules vivantes qui nous infectent sournoisement, sont malheureusement toujours aussi présentes dans notre vie : VIH (Sida), VPH (cancer lié au virus du papillome) et le coronavirus (covid19), le dernier en date, pour ne citer que ceux-là.
On avait le virus de l’hépatite B (VHB), de l’hépatite A (VHA), puis celui de l’hépatite C (VHC) qui fut identifié dans les années 80.
Si la contamination par le HBV n’est pas mortelle, et encore moins dangereuse celle par le VHA, en revanche, le VHC entraîne une cirrhose du foie (affection chronique d’un mauvais fonctionnement du foie dû à son évolution fibreuse) et dans 10% des cas un cancer du foie en stimulant l’oncogène c-myc.
– La contamination par le VHC se fait par le sang (piqûres, écorchures, partage d’une seringue), pratiquement plus par transfusion et par voie contact sexuel à risque (co-infection avec le VIH).
– Les signes et symptômes sont généralement bénins et grippaux et peuvent inclure de la fatigue, de la fièvre, des nausées, des vomissements, des pertes d’appétit et des douleurs musculaires.
– Le dépistage de l’hépatite C est réalisé par dosage des anticorps anti-hépatite C (anticorps anti-VHC) à partir du premier mois après un épisode aigu.
– La particule virale VHC contient un petit génome à ARN (voisin de la structure de l’ADN) qui se réplique dans le cellule lorsque la particule s’est fixée sur la cellule hôte grâce à ses protéines antigéniques.

 

 

Micrographie du virus de l’hépatite C.

Échelle = 50 nanomètres

 

– La prévention vaccinale n’existe pas (*). Par contre un traitement avec l’antiviral sofosbuvir permet d’arrêter l’évolution de la maladie.

(*) un vaccin n’est jamais chose aisée à mettre au point. On l’a vu pour le VIH contre lequel aucun vaccin n’existe à ce jour et on espère avec grande impatience celui contre le Covid 19.

Du point de vue épidémiologique, on estime en 2015 dans le monde qu’environ 1,75 million de personnes ont été infectées par le VHC, avec un nombre de 71 millions de personnes vivant avec le VHC. On estime qu’au niveau mondial plus de 350 000 décès/année sont attribués aux conséquences de l’hépatite C chronique.

En France, l’hépatite C chronique concernait moins de 200 000 personnes, chiffre en constante diminution. En 2001 le nombre de décès imputables au VHC était de 2646, correspondant à un taux de mortalité de 4,5 pour 100 000 habitants. Sa prévalence  en France est d’environ 1 %. Elle grimpe jusqu’à 22% dans certaines régions d’Afrique (Egypte par exemple).
– Découvertes. Le lundi 5 octobre 2020 le prix Nobel de médecine a été décerné à trois découvreurs du virus de l’hépatite C : le Britannique Michael Houghton et les Américains Harvey Alter et Charles Rice.
A la fin des années 1970, Harvey Alter avait identifié le fait qu’une contamination hépatique mystérieuse, qui n’était ni l’hépatite A ni l’hépatite B, avait lieu lors de transfusions. Puis, en 1989, Michael Houghton et son équipe déterminent la séquence génétique du virus.
Dans les années 2010, Charles Rice a élucidé la façon dont le virus se répliquait. Travaux qui ont conduit à la mise au point d’un nouveau traitement, le sofosbuvir.

 

Références
Le Monde 6 octobre 2020
Santé publique France.fr
www.Inserm Information.fr

 

Norbert Latruffe
Professeur Émérite à l’Université de Bourgogne, Dijon
Chercheur bénévole au laboratoire de Biochimie