Chronique 30. Les bienfaits anticancéreux et sur la santé de l’alimentation méditerranéenne.

Les habitudes alimentaires d’une cuisine méditerranéenne ont montré ses bienfaits, illustrés notamment par la longévité remarquée des Crétois et des Sardes. Ces observations sont corroborées par des données scientifiques confirmées.

Déjà dans les années 70 des travaux rapportaient une diminution des accidents vasculaires grâce à une nutrition saine.

Des travaux plus récents vont plus loin tant au niveau d’une prévention vasculaire (1), que des cancers du colon (2) et du sein (3). De plus, le régime méditerranéen diminue les risques d’apparition du diabète et de l’obésité, et contribue à la régulation de la pression sanguine. Statistiquement, la population montre une meilleure santé tant physique que mentale et une longévité accrue (4).

À se souvenir que la sphère digestive, notamment le colon est directement, et sur la durée, exposé bien sûr aux nutriments, mais aussi aux possibles toxiques alimentaires absorbés au cours du repas.

Quels sont donc les ingrédients favorisant le maintien en bonne santé le plus longtemps  possible ? 

– Les fruits, les légumes fournissent les vitamines et les polyphénols anti-oxydants, luttant contre et les dépôts lipidiques au niveau des artères et le vieillissement cérébral. – Les acides gras poly-insaturés (les oméga 3) provenant d’huile d’olive ou de poissons marins gras. Les fibres des fruits, des légumes et des fruits secs à coque favorisent le transit intestinal et diminuent le temps d’exposition des toxiques, donc les risques de cancer.

– Les aromates et les épices ont un rôle antiseptique et préviennent l’infection (5). 

En 2010 le régime méditerranéen, associant les boissons selon les coutumes, a été reconnu par l’UNESCO pour ses bienfaits sur la santé. Ce qui est moins connu, c’est que le régime méditerranéen n’est pas l’apanage du pourtour de la Méditerranée car il est partagé par d’autres populations vivant le long des côtes sous la même latitude: Californie. Asie du Sud Est, Japon du sud (Îles d’Okinawa), Chili, ou encore Afrique du Sud.

En remontant à l’intérieur de nos terres, ce régime peut très bien s’accommoder avec d’autres habitudes alimentaires moyennant une adaptation telle que limiter la consommation de viande rouge, de charcuterie, de fromage et de graisse animale, tout en conservant un apport de calcium apporté par les laitages pour lutter contre la décalcification osseuse, donc diminuer le risque d’ostéoporose. Le tout complété par une activité physique adaptée et avec un mental aussi « zen » que possible. Et en restant dans une prise calorique contenue.

Message. Pour les non-adeptes de ce type de cuisine, ce n’est pas un message d’appel à un abandon total de ses habitudes alimentaires, mais la prise en compte de l’emploi d’ingrédients protecteurs du cancer présents dans le régime méditerranéen.

Références originales

1- Cardiovasculaire. Sofi F. et coll. Public Health Nutr. 2014 Dec;17(12):2769-82.

2- Cancer du sein. Villarini M. et coll. BMJ Open. 2016; 6(6): e009707.

3- Cancer colorectal. Grosso G. et coll. Nutr Cancer. 2014;66(4):558-65.

4- Longévité. Boccardi V. et coll. PLoS One. 2013 Apr 30;8(4):e62781.

5- Ostéoporose. Bone. Vuolo L. Nutrition and Osteoporosis.Transl Med UniSa. 2016 Jan 31;13:13-8. eCollection 2015 Dec.

Information générale

– Association NMS Nutrition Méditerranéenne et Santé <http://bioperoxil.u-bourgogne.fr/

– Chronique n°17, mars 2018, cf. site Ligue contre le cancer, comité Côte d’Or

<< http://www.ligue-cancer21.info>>

Norbert Latruffe

Professeur Émérite à l’Université de Bourgogne, Dijon

Chercheur bénévole au laboratoire de Biochimie