Chronique 31. Facteurs géographiques, alimentaires et sociaux des risques de cancer.

Dans son analyse, l’Institut National d’Études Démographiques (INED) (1) nous rappelle les disparités géographiques de surmortalité par rapport à la moyenne nationale.

La surmortalité est marquée (115 à 170) dans le Nord, Pas-de-Calais, Aisne, où les principaux facteurs défavorables sont le tabac, l’alcool et le cancer du poumon (Aisne), associés à la pauvreté et au chômage. Des situations similaires en Bretagne (Finistère et Côtes d’Armor) où l’alcool et les morts violentes sont mis en avant dans la surmortalité masculine. La pauvreté est également mise en avant en Auvergne.

Inversement, dans le sud et le sud-ouest l’indice est de 100 à 70, soit une sous-mortalité un peu inattendue au vu de la situation sociale, mais qui trouve une explication dans l’alimentation de type méditerranéen à base d’huile d’olive, de fruits et de légumes, et le fort maillage de médecins et d’infirmiers.

Au fait, qu’en est-il de notre département (21) et de notre région (B-FC) ? Une majorité du territoire à indice 100-115. Une proportion importante avec 85-100 et quelques ilots 70-85 autour de Dijon et Gray. Résultats reflétant une qualité de vie notoire.

Plus précisément pour le cancer une étude très récente a été publiée (voir figure du titre) (2).

Figure 1. Étude publiée le mercredi 23 janvier 2019 par Santé Publique France qui s’est appuyée sur les cas recensés entre 2007 et 2016.

Cette étude de la surmortalité par type de cancer et par région (lèvre-bouche-larynx, œsophage, estomac, colon-rectum, foie, pancréas, larynx, poumon, mélanome de la peau, sein, ovaire, prostate, testicule, vessie, rein, SNC), indique pour la B-FC et la Côte-d’Or notamment un indice de 1, voire souvent inférieur, soulignant à nouveau la bonne qualité de vie des habitants vis-à-vis de cette pathologie, toujours trop fréquente, néanmoins une autre étude rapportée récemment (3) indique que la mortalité par cancer augmente en fonction du régime alimentaire suivant : faible en lait, pauvre en calcium, pauvre en fibres, faible en fruits et riche en sodium. Il est conclu que de nombreux décès seraient évitables avec l’amélioration du régime alimentaire.

Il est indiqué que mal manger tue 11 millions de personnes chaque année dans le monde (source 2017), soit plus que le tabac (8 millions). Cependant une bonne note pour la France qui se classe 2è pour la faible mortalité liée à l’alimentation après Israël (89 décès pour 100 000 habitants). Suivent ensuite l’Espagne et le Japon. Le taux le plus important étant l’Ouzbekistan (892 pour 100 000).

Références

1-Nathaniel Herzberg, 2019. Surmortalité. Des inégalités géographiques et sociales. Le monde, samedi 8 juin 2019, p.13

2-Rapport Santé Publique France mercredi 23 janvier 2019

3- Etude Global Burden Disease, The Lancet, rapportée par Paul Benkimoun et Mathilde Gérard dans Le Monde, vendredi 5 avril 2019, « Mal manger tue d’avantage que le tabac », p18

Norbert Latruffe

Professeur Émérite à l’Université de Bourgogne, Dijon

Chercheur bénévole au laboratoire de Biochimie