Les graves effets cancérigènes de la fumée de tabac ne sont plus une révélation. Des statistiques indiquent que la consommation de tabac a entraîné dans le monde le décès de 100 millions de personnes au cours du siècle écoulé.

Si des mutations  au niveau de l’ADN interviennent naturellement dans toutes les cellules, en revanche un travail d’Alexandrov et coll. Science, 2016, rapporte que la consommation d’un paquet de cigarettes par jour et pendant un an induit environ 150 mutations dans le génome des cellules bronchiques.

Contrairement à ce que l’on aurait pu attendre, il tombe à 97 au niveau du larynx, 39 pour le pharynx, 43 dans la cavité buccale qui sont des localisations exposées plus directement à la fumée que les poumons. Par contre, les modifications épigénétiques (non codées dans l’ADN) ne montrent pas de différences avec celles des sujets témoins.

Ces mutations mises en évidence ne sont qu’un des mécanismes conduisant à la formation de tumeurs où interviennent aussi : les défauts de réparation de l’ADN muté, l’échappement aux effets du système immunitaire, ou le développement de nouveaux vaisseaux sanguins (néovascularisation).

Ce travail permet de mieux comprendre les dangers du tabac au niveau pulmonaire à côté de ses effets vasoconstricteurs. On doit aussi rappeler les effets cumulatifs du danger du tabac et de celui de l’alcool. Il est donc fortement recommandé de s’abstenir de fumer (y compris éviter la fumée passive) et de consommer des boissons alcoolisées avec modération.

Référence

Alexandrov LB Ju YS, Haase K, Van Loo P, Martincorena I, Nik-Zainal S, Totoki Y, Fujimoto A, Nakagawa H, Shibata T, Campbell PJ, Vineis P, Phillips DH, Stratton MR. Mutational signatures associated with tobacco smoking in human cancer. Science. Nov 4;354 (6312): 618-622, 2016.

par Norbert Latruffe
Professeur Émérite à l’Université de Bourgogne, Dijon
Chercheur bénévole au laboratoire de Biochimie