Octobre rose pour renforcer la prévention du cancer du sein

En France, OCTOBRE ROSE, le mois de campagne de prévention contre le cancer du sein en est à sa 26è édition. Il a été lancé en 1995 par l’American Cancer Society et l’entreprise Imperial Chemical Industries. C’est la campagne annuelle de prévention du cancer du sein : objectifs, information, dialogue, sensibilisation au dépistage précoce, soutient à la recherche, mobilisation par des courses à pied, des collectes, des animations, etc.
Posters et stands d’accueil actuellement installés par le comité Côte d’Or de la Ligue cantre le cancer dans l’espace Shop in Dijon, place Grangier. Avec 45 000 nouveaux cas par an et plus de 11 000 décès en France, le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme. On estime qu’une femme sur 8 sera touchée par un cancer du sein au cours de sa vie, d’où l’importance d’un dépistage précoce. Plus le cancer du sein est détecté tôt, plus les chances de guérison sont importantes. Les Françaises ont le troisième taux le plus élevé de cancers du sein, contrairement aux pays méditerranéens qui ont les taux les plus faibles.
Selon Mme Aurélie Bertaut, médecin au CGFL de Dijon (1), 80% des cancers du sein interviennent après 50 ans et 50% sont diagnostiqués entre 50 et 69 ans Environ 28% après 69 ans. Le cancer du sein a une progression tumorale lente.

 

Symptômes :

L’autopalpation permet de détecter une boule dans un sein (même si ce peut être une grosseur bénigne), des ganglions durs sous le bras. Observer une modification de la peau du sein et du mamelon, une évolution de la taille ou de la forme du sein. Un cancer du sein dépisté à un stade précoce guérit dans 99% des cas, contre 26% s’il l’est à un stade avancé (2).

Prophylaxie :

Suivi gynécologique au moins une fois/an, systématique jusqu’à 74 ans, tous les 2 ans pour les 50-74 ans. Participation aux campagnes de dépistage.
En cas de signes d’alerte, consulter votre médecin référent qui prescrira une mammographie ou/et une échographie avant des examens plus approfondis.

Traitements :

Chirurgie (Ablation-reconstruction), chimiothérapie (taxanes en particulier), radiothérapie. Pour l’instant, l’immunothérapie ne s’est pas montrée  efficace.
L’activité physique et l’alimentation de type méditerranéen (3) ont un rôle protecteur et sont aussi associées à un meilleur pronostic de guérison.

Risques et prévention
Augmentation du risque :
– consommation d’alcool régulière au delà de la modération (sein pré et postménopause). Jugé convaincant.
– prise de poids au cours de la vie adulte (surpoids et obésité) (sein postménopause). Jugé probable.
– poids de naissance élevé (sein préménopause). Jugé probable.
De plus, d’autres facteurs de risques sont déjà bien établis : prédisposition familiale (femmes porteuses de la mutation des gènes BRCA1 et BRCA2), puberté précoce, ménopause tardive et absence de grossesse.
Diminution du risque :
– allaitement (sein pré et postménopause). Jugé convaincant.
– activité physique (sein postménopause). Jugé probable.
– un régime alimentaire riche en végétaux tel que la cuisine méditerranéenne (2),

Recommandations prioritaires
– consommer avec modération des boissons alcoolisées et abstinence pendant la grossesse
– adopter une alimentation équilibrée et diversifiée
– maintenir un poids équilibré
– pratiquer une activité physique régulière
L’observation de ces recommandations pourrait réduire de 30 à 50% le risque de cancer du sein.

Références
1-Interviews du Dr Aurélie Bertaut du Centre G-F Leclerc de lutte contre le cancer, Dijon, à France 3 Bourgogne (2 octobre 2020), le Bien Public (2 octobre 2020) et l’Hebdo Dijon (semaine 7-20 octobre 2020)
2- Dr Nasrine Callet, Institut Curie
3- Pierre-Henri Duée,Mariette Gerber, Paule Latino-Martel, Norbert Latruffe,
Nathalie Pecollo. Nutrition et cancer. Rapport d’expertise collective, ANSES,
mai 2011

 

Norbert Latruffe : Professeur Émérite à l’Université de Bourgogne, Dijon
Chercheur bénévole au laboratoire de Biochimie