Chronique 29. Prévenir le cancer du colon et des autres organes digestifs

 On sait que la sphère digestive des aliments commence par la cavité buccale, puis le pharynx, l’oesophage, l’estomac, l’intestin grêle, le colon et le rectum-anus. Elle inclut aussi les organes de la digestion comme le foie, le pancréas, ainsi que les organes d’élimination des liquides que sont les reins et la vessie.

Le cancer colorectal est la 2ème cause de cancer après celui du poumon chez l’homme et après celui du sein chez la femme.

Le colon est particulièrement exposé aux toxiques apportés par l’alimentation en raison notamment de leur longue exposition au cours du transit intestinal et d’autre part, de la grande surface d’absorption que représentent les microvillosités intestinales. D’où l’importance des facteurs nutritionnels associés au risque ou à la prévention des cancers (1).

Facteurs de risque augmentant le risque de cancer et évitables:

  • – l’excès de boissons alcoolisées : le niveau de preuve est convaincant pour les cancers suivant :
bouche, pharynx, larynx, œsophage, côlon-rectum, et le sein ; avec, selon une étude récente, un bémol pour une consommation modérée de vin rouge riche en anti-oxydants, piégeurs de radicaux libres, eux-mêmes responsables du stress oxydant (2).
  • – le surpoids et l’obésité : le niveau de preuve est convaincant pour les cancers comme ceux de l’œsophage, l’endomètre, le rein, le côlon-rectum, le pancréas, et le sein après la ménopause.
  • – les viandes rouges et les charcuteries en consommation fréquente: le niveau de preuve est convaincant pour le cancer colorectal, un cancer fréquent.
  • – le sel et les aliments riches en sel : le niveau de preuve est probable pour le cancer de l’estomac.
  • – les compléments alimentaires à base de bêta-carotène : le niveau de preuve est convaincant pour le cancer du poumon chez les fumeurs.

Facteurs considérés contribuer à la diminution du risque de cancer:

  • – l’activité physique : le niveau de preuve est convaincant pour le cancer du côlon.
  • – la consommation de fruits et légumes : le niveau de preuve est jugé probable pour les cancers de la bouche, du pharynx, du larynx, de l’œsophage, de l’estomac et du poumon.
  • – l’allaitement : le niveau de preuve est convaincant pour le cancer du sein.
  • On estime à environ 1/3 la proportion des cancers les plus communs pouvant être évités grâce à la prévention nutritionnelle ; même s’il n’existe pas d’aliment ou de nutriment qui puisse être directement incriminé de façon isolée dans la survenue d’un cancer, ou seul responsable de prévention.

Il est recommandé de :

  • – réduire autant que possible la consommation de boissons alcoolisées ;
  • – promouvoir une alimentation équilibrée et diversifiée ; plus particulièrement consommer au moins 400 g de fruits et légumes par jour ; varier les sources de protéines en alternant viandes blanches-viandes rouges (limitées à moins de 500g par semaine) ou consommer des œufs et du poisson en quantité raisonnable.
  • – limiter la consommation de sel.
  • – pratiquer une activité physique.
  • D’un autre côté, s’assurer d’un bon état physiologique par des contrôles comme l’endoscopie (détection et résection de polypes) ou la gastroscopie (détection d’anomalies comme celles liées à la bactérie Helicobacter pylori). Chaque année le « Colon tour » de la Ligue rappelle les recommandations à suivre.
  • Enfin la chirurgie lorsqu’elle est réalisée à temps augmente grandement la survie des patients

 

Références

1- Rapport World Cancer Research Foundation/AICR. WCRF/AICR. Food, nutrition, physical activity, and the prevention of cancer: a global perspective. Washington DC: AICR; 2007. Disponible sur www.wcrf.org. Repris par l’Institut National du Cancer (INCa)

2- Xu W et coll. Wine consumption and colorectal cancer risk: a meta‐analysis of observational studies. Eur J Cancer Prev. 2019 May;28(3):151-158

Norbert Latruffe

Professeur Émérite à l’Université de Bourgogne, Dijon

Chercheur bénévole au laboratoire de Biochimie