Prévention du cancer de l’utérus lié au virus du papillome (HPV)

Avec 2 800 nouveaux cas en France en 2011, le cancer du col de l’utérus est la 12 ème cause de cancer chez la femme. C‘est un cancer qui se développe sur la muqueuse du col de l’utérus. Le papillomavirus humain (HPV) est un virus à ADN particulièrement résistant. Il existe de très nombreux types de papillomavirus humains mais seuls quelques uns d’entre eux, possèdent un haut potentiel cancérigène.

Les verrues génitales (condylomes) sont provoquées par les HPV de types cutanés et génitaux à potentiel cancérigène faible (HPV 6 et 11). En revanche, le cancer de l’utérus et le cancer anal sont liés aux HPV de types cutanés et génitaux à potentiel cancérigène élevé (HPV-16 et 18 surtout). Le délai moyen entre l’infection par ce type d’HPV et la survenue d’un cancer du col utérin est de 20 à 30 ans.

Dans la population française, la prévalence de ces cancers est faible alors qu’elle augmente dans certaines populations à risque. La mortalité a baissé depuis 15 ans en raison d’un dépistage et d’une prise en charge plus précoces. Mais le nombre de nouveaux cas ne diminue pas depuis le
début des années 2000.

Contamination

Les papillomavirus se transmettent essentiellement par contact sexuel, lors de relations sexuelles avec ou sans pénétration, y compris lors de pratiques orales. La transmission est favorisée par ;

  • – un nombre élevé de partenaires sexuels ;
  • – la précocité des rapports ;
  • – la contamination anale est associée à des rapports anogénitaux.

Chez la femme, la contamination est possible par propagation à partir du vagin vers le canal anal, à l’essuyage en particulier. L’utilisation des préservatifs n’entraîne qu’une prévention partielle car le virus peut être présent sur la peau non recouverte par le préservatif.

Transmission horizontale par l’intermédiaire d’objets souillés : vêtements, sous-vêtements… Ce type de transmission est possible mais reste rare. La transmission mère-enfant ou verticale est essentiellement périnatale. La transmission du HPV au cours de la grossesse n'est pas clairement établie.

Dans la plupart des cas, l’organisme développe une immunité naturelle qui élimine le virus en neuf à douze mois.
 Les personnes immunodéprimées éliminent moins facilement le papillomavirus, comme les personnes vivant avec le VIH. Le tabagisme favorise la survenue de cancers.

Vaccination contre les papillomavirus. 

Depuis 2007 deux vaccins anti-HPV sont disponibles, notamment un vaccin tétravalent contre les HPV 6 et 11 (responsables de 90 % des verrues ou condylomes), et contre les HPV 16 et 18 (responsables de 70 % des cancers du col). Cependant, la démonstration de la prévention devra attendre que les études de population portent sur une durée d’au moins 20 ans.

En France, la vaccination contre les HPV concerne les personnes dont le risque de cancer lié au virus est élevé :- les femmes, – les personnes immunodéprimées, et – les HSH (Hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes). En 2013, les recommandations vaccinales du Haut Comité de Santé Publique (HCSP) ont proposé d’abaisser l’âge de cette vaccination de 14 à 11 ans.

Prévention.

Elle comporte deux volets :

– la prévention primaire par la vaccination qui prévient l’infection à HPV, responsable de lésions précancéreuses ;
– la prévention secondaire correspondant au prélèvement au niveau du col par frottis cervico-vaginal (FCV) qui dépiste des lésions précancéreuses et permet de les traiter et d’éviter leur cancérisation.

Traitement

– Cancers du col de l’utérus, la colpo-hystérectomie : l’ablation de l’utérus, de la partie supérieure du vagin et des ovaires est la norme, associée à la radiothérapie si la tumeur est volumineuse. Dans les formes très localisées et si la femme est jeune, la conservation des ovaires peut être envisagée. La récidive malgré un traitement chirurgical bien conduit est de mauvais pronostic.
 La survie à cinq ans est d’environ 70 %. Ce cancer est de très bon pronostic quand il est détecté et traité à un stade précoce, avec un taux de survie à cinq ans de 91,5 %.

– Cancers de l’anus. La chirurgie avec amputation abdomino-périnéale est aujourd’hui réservée aux lésions étendues car ses séquelles pèsent lourdement sur le quotidien. Le traitement est plutôt : radiothérapie ciblée parfois associée à la chimiothérapie. Le taux de récidive reste élevé (12 à 20 %).

Références

BEH, Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire n° 22-23 – 17 septembre 2019.
Prévention du cancer de l’utérus.

Norbert Latruffe
Professeur Émérite à l’Université de Bourgogne, Dijon
Chercheur bénévole au laboratoire de Biochimie