A ce jour, on estime que 400 000 femmes environ, sont porteuses d’implants mammaires proposés à la suite d’une reconstruction mammaire consécutive à un cancer du sein.

On évalue, que 70 000 d’entre elles sont détentrices de prothèses dites « macro texturées » qui font aujourd’hui l’objet d’une interdiction suite à des propositions de l’Institut national du cancer et de l’Agence nationale de sécurité du médicament.

Ces prothèses « macro texturées » de marque Allerga, Arion, Eurosilicone, Nagor, Polytech, et Sebbin ont été retirées du marché en raison de risque de développement  de lymphomes anaplasiques à grandes cellules. Ces cancers restent toutefois rares, puisque on en dénombre une soixantaine de cas en France depuis 2011, mais leur caractère agressif oblige à cette prudence. Il convient de rappeler que cette interdiction n’a aucun rapport avec le scandale des prothèses PIP qui a été à l’époque une véritable action frauduleuse dont ont été victimes un certain nombre de femmes.

Il n’est pas question d’extirper systématiquement toutes ces prothèses « macro texturées » mais des consignes de surveillance particulière sont conseillées aux femmes qui en sont porteuses. Il convient de signaler tous signes fonctionnels ou physiques pouvant être liés à ces prothèses : douleurs,  augmentation du volume du sein, découverte d’une masse…la découverte de tels signes doit amener à consultation immédiate auprès du chirurgien qui décidera de l’opportunité de l’exérèse de la prothèse concernée. De même, une surveillance  radiologique annuelle des seins est conseillée.

Une ligne téléphonique 0800 71 02 35 (numéro vert) dédiée est mis en œuvre non pas pour remplacer une consultation médicale, mais pour conseiller, répondre aux interrogations des femmes et les orienter.

Se faire implanter une prothèse mammaire n’est jamais un choix anodin. Les femmes doivent pouvoir être informées sur les différentes techniques de reconstruction, sur le rendu final et les risque de problèmes physiologiques qu’elles pourraient rencontrer. Un temps de discussion avec le corps médical doit permettre une décision en connaissance de cause d’autant que bien souvent les femmes ignorent qu’une prothèse mammaire doit être changée tous les 10 à 15 ans.

Docteur Henri BASTIEN

Sources : Prothèses mammaires, 13 modèles retirés du marché

Revue Vivre septembre 2019, N° 383