Si les rayons ultraviolets B (UVB) sont largement responsables des effets nocifs du soleil, il convient de se protéger également des rayons UVA, reconnus comme cancérigènes. Plusieurs types de lésions en sont les conséquences.

LES KERATOSES ACTINIQUES

Les kératoses actiniques sont des lésions planes, rouges ou rosées, rugueuses au toucher, généralement situées sur le front ou sur la partie supérieure du lobe des oreilles. Ce sont des lésions bénignes mais précancéreuses et donc souvent le signe avant-coureur d’un cancer de la peau débutant. Il convient de les surveiller et de les retirer chirurgicalement.

LES CARCINOMES CUTANES

Les carcinomes cutanés ou cancers de la peau sont les lésions les plus fréquentes (80 % des cas), mais aussi les plus guérissables. On distingue plusieurs variétés :

Les carcinomes basocellulaires

Ils surviennent la plupart du temps après 60 ans et se développent sur la peau, à des endroits exposés au soleil, le plus souvent sous forme de petites lésions fermes (décrites comme de petites perles nacrées) en relief et parcourues de petits vaisseaux. Ils peuvent aussi apparaître sous l’aspect d’une lésion croûteuse ou d’une ulcération persistante. Toute modification cutanée persistante doit conduire à une consultation dermatologique pour procéder à leur excision.

Les carcinomes spino-cellulaires

Les carcinomes spino-cellulaires (ou épidermoïdes) surviennent sur les mêmes zones cutanées mais se montrent plus rapidement évolutifs et envahissants. Ils se présentent comme de petits bourgeons rouges, en relief, ulcérés, saignant facilement. Ce type de cancer de la peau peut se développer au niveau d’une cicatrice ou d’une lésion préexistante. La chirurgie et/ou la radiothérapie sont des traitements efficaces.

LES MELANOMES

Le mélanome (1 % des cancers de la peau), est une lésion pigmentée qui apparaît sur la peau ou qui se développe à partir d’un nævus (grain de beauté) préexistant, dans 15 à 20 % des cas. C’est le cancer le plus sérieux à ne pas négliger compte tenu de son caractère évolutif, avec risque d’ évolution métastatique (8 467 décès en 2018). Il est plus fréquent chez les sujets à peau claire et /ou présentant de nombreux grains de beauté.

Il se développe progressivement sur une surface de peau saine, sous la forme d’une petite tache présentant une ou plusieurs des caractéristiques suivantes : des contours asymétriques, une surface surélevée ou irrégulière, un contour inhomogène qui se teinte de brun, de noir, de rouge et parfois de bleu, et une grande taille. Toute modification d’aspect d’un grain de beauté doit attirer l’attention et demander immédiatement un avis médical.

Le mélanome cutané, a vu son nombre de nouveaux cas tripler entre 1980 et 2005. Il continue sa progression de +3,4 % par an en moyenne sur la période récente  2010‑2018.

Sa fréquence double tous les 10 ans chez les personnes à peau blanche.

La chirurgie reste l’arme maîtresse pour traiter un mélanome détecté précocement. Elle doit enlever largement la lésion en emportant une large bordure de peau saine pour éviter les reprises évolutives. A un stade plus évolué, un traitement par immunothérapie, traitement ciblée et/ou chimiothérapie peut s’avérer nécessaire.

PRINCIPAUX FACTEURS DE RISQUE DE L’EXPOSITION SOLAIRE

La surexposition au soleil de l’enfance avant 15 ans :

Elle survient durant le temps des des vacances, lors de la recherche de destinations ensoleillées, ou lors du développement des sports de plein air, et par la recherche d’une esthétique de peau bien bronzée.
Au cours des dernières décennies, nous avons accru et modifié dangereusement notre «consommation» de soleil, alors que la quantité de rayonnements ultraviolets (UV) nécessaire à notre équilibre biologique est bien inférieure à celle à laquelle nous nous exposons !
Le caractère intermittent de l’exposition, avec l’alternance, peau blanche en hiver, peau bronzée en été, constitue également un facteur de risque en augmentant l’impact des UVA et UVB.

Le bronzage sous lampe ou banc solaire à ultraviolet.  :

Ce bronzage constitue une pratique à haut risque. 50 à 70 % des cancers de la peau sont ainsi directement liés à une surexposition aux rayons UVA/UVB. Au total, ce sont 80 000 nouveaux carcinomes et 9 021 (2018) nouveaux cas de mélanomes qui sont diagnostiqués chaque année en France.

REGLES A RESPECTER POUR EVITER LES CANCERS DE LA PEAU

La prévention est simple pour éviter le cancer de la peau. Elle consiste à faire un usage raisonnable du soleil, en évitant de s’exposer aux heures les plus chaudes (entre 11 et 16 h), en utilisant des crèmes anti-solaires d’indices de protection à 50, actives contre les UVA et les UVB et en renouvelant les applications toutes les 2 h.

La protection de la peau des enfants est fondamentale, et le port de t-shirts et de casquettes doit compléter l’action des crèmes protectrices.

Ne pas oublier le port de lunette de soleil pour protéger les yeux (il existe des mélanomes de l’œil).

Les chapeaux doivent être à bords couvrants (au moins 7 cm) afin de protéger l’ensemble de la tête (oreille, nuque, nez), c’est pourquoi il convient d’éviter les casquettes.

Le coup de soleil est une brûlure locale de l’épiderme, d’étendue et de degrés variables. Le traitement sera externe et adapté à la gravité de la lésion (pour connaître le produit adapté, consultez votre médecin ou votre pharmacien).

Le coup de chaleur ou insolation est une réaction générale de l’organisme, liée à une exposition trop prolongée au soleil. Il se traduit par une sensation de malaise et de soif. Il est conseillé, dans cette situation, de se reposer à l’ombre, dans un lieu frais et aéré, de boire de l’eau et soulager ses maux de tête avec de l’aspirine.

Il faut s’adapter aux indices UV, en recherchant les indices UV publiés par Météo France dans votre localité. En règle générale, les mesures moyennes effectuées en France métropolitaine montrent, pour la partie nord du pays des indices maximum de 7 et pour la partie sud des indices de 8/9, voire même 10 et plus en montagne. Pour les zones maritimes, les indices sont plus élevés, la plupart du temps supérieurs à 10 voire atteindre 16,

CONSEILS PRATIQUES

A la plage, vous n’êtes pas entièrement à l’abri sous un parasol. Celui-ci ne permet pas d’arrêter les rayons solaires réfléchis par le sable. 

Nuages, vent et baignades ont un effet trompeur : en vous procurant une sensation de fraîcheur, ils vous donnent l’impression de ne pas prendre de coups de soleil. En réalité, même les nuages ne filtrent qu’une petite partie des rayons ultraviolets.

Sable, neige ou plans d’eau augmentent le danger, quelle que soit la température extérieure. En effet, ces milieux réfléchissent le soleil : vous êtes donc doublement exposé, aussi pensez à votre protection par les crèmes solaires et des lunettes efficaces.

Sources : Publication – Ligue nationale contre le cancer

Docteur Henri BASTIEN
Ancien Président du Comité de Côte d’Or de la Ligue contre le cancer.