Dépistage des cancers du col utérin

En France, le cancer du col de l’utérus se situe au 11ème rang des cancers féminins.

Moins fréquent que le cancer du corps utérin, on recense tout de même 2 797 nouveaux cas par an (chiffres 2015) soit 7,1 femmes pour 100.000 (*).

La mortalité affecte  1 092 femmes chaque année (2015) soit 1,9/100.000 (*), mais ici encore on relève une baisse du taux d’évolution annuel de 4 % entre 1980 et 2005 qui se poursuit encore entre 2000 et 2005, avec une diminution annuelle de 3,2 %.

Le cancer du col de l’utérus est l’un de ceux pour lesquels il y a eu les plus grandes avancées au cours des 20 dernières années. On constate on effet :

– qu’il existe un test de dépistage, simple, non douloureux, efficace : le frottis cervico-utérin.

– que ce test permet également de reconnaître les états précurseurs du cancer du col utérin. Ces maladies, appelées dysplasies (ou lésions intra-épithéliales de bas grade ou de haut grade) précèdent le plus souvent le cancer de 10 à 15 ans. Leur traitement permet d’éviter leur transformation en cancer invasif du col utérin.

L’infection par le virus du papillome humain (HPV : Human Papilloma Virus) représente le principal facteur de risque du cancer du col de l’utérus. Ce sont principalement les papilloma virus de type 16 et 18 qui sont oncogènes. La contamination s’effectue à l’occasion de rapports sexuels même protégés, car la contamination se fait peau à peau. Elle est très fréquente puisqu’on estime que 20 – 50 % des personnes seront infectées.

ILe Plan Cancer III vient de lancer un dépistage organisé du cancer du col utérin. Chaque femme doit avoir le souci de se soumettre régulièrement à un dépistage individuel. Il repose sur la pratique régulière d’un frottis qui, en prélevant des cellules du col utérin, permet leur analyse au microscope. L’examen direct du col (colposcopie) permet également de mettre directement en évidence des lésions suspectes. Mais seule l’analyse de ces lésions après biopsie permet d’affirmer le diagnostic en constatant la présence de cellules cancéreuses. Le papillomavirus humain est présent dans 99,7 % des cancers du col utérin .

Connaissant aujourd’hui le rôle cancérigène de ces virus à l’origine des condylomes et des lésions dysplasiques du col utérin (pas seulement inflammatoires), il est  maintenant  conseillé et licite de proposer une vaccination aux jeunes adolescentes et jeunes filles, afin de les protéger de la survenue de ces lésions et par la même de la survenue d’un cancer du col utérin. Mais cette prévention vaccinale ne doit pas faire supprimer la pratique du dépistage régulier par le frottis cervico-vaginal.

 (*) Taux standardisé selon la structure d’âge de la population mondiale et exprimé pour 100.000 personnes-années

Règles du dépistage individuel (ANAES 1998)

Les 2 premiers frottis sont à pratiquer à un an d’intervalle, puis, s’ils sont négatifs, les répéter tous les 3 ans tant qu’ils sont normaux- Pratiquer un frottis cervico-vaginal tous les 3 ans entre 25 et 65 ans – Si au cours de la vie, tous les frottis sont normaux, inutile de poursuivre le dépistage après 65 ans.- Un avis médical doit être demandé, si le frottis montre des anomalies ou si des symptômes attirent l’attention, même si le dernier frottis est normal. 

Avis du Haut Conseil de Santé Publique

– Vaccination des jeunes filles de 11 à 13 ans avant l’exposition au virus : 2 doses à 0 et 6 mois. Si 2ème dose faite avant 6 mois, prévoir une 3ème injection.

– Vaccination des jeunes femmes de 14 à 19 ans n’ayant pas eu de rapports sexuels ou au plus tard dans l’année suivant le début de la vie sexuelle : 3 doses à 0, 2 et 6 mois

Vaccination par injection intra musculaire dans le haut de l’épaule ou dans la partie antérolatérale de la cuisse. Cette vaccination (Gardasil® ou Cervarix®) est remboursée à 65 % par la Caisse de Sécurité Sociale.

Il convient d’insister sur le fait que LA VACCINATION NE SUPPRIME PAS LE DEPISTAGE du cancer du col utérin.

Sources : – Ligue Nationale contre le cancer – Institut National du CAncer (Chiffres 2015)