Chronique 26. Confirmation : l’activité physique diminue les risques de cancers

Cette nouvelle chronique sur les bienfaits de l’activité physique fait suite à celle sortie en mai 2018 (chronique n° 21). Celle-là rapportait des données quantitatives et statistiques sur la pratique de l’exercice physique et les cancers.

Ici, nous nous intéresserons aux mécanismes de prévention de pathologies essentiellement liées à l’âge (selon ref 1). À ce jour nous avons de plus en plus d’évidence que l’activité physique contribue à prévenir, voire à traiter des maladies telles que altérations cardiovasculaires, diabète, obésité, ostéoporose, vieillissement cérébral et cancer.

Pour le cancer, c’est surtout la balance hormonale qui qui est orientée vers la prévention de cancers :

– La diminution de la masse graisseuse par l’activité physique entraîne une baisse des oestrogènes circulants ; hormones impliquées dans le cancer du sein. Mais inversement entraîne une augmentation des androgènes à activité opposée.

– L’activité physique diminue la leptine  (hormone de régulation de la satiété) du tissu adipeux qui en excès favorise la cancérogenèse et les métastases.

– LeTNFalpha (facteur nécrotique des tumeurs), une cytokine qui favorise le développement tumoral et les métastases, diminue avec l’activité physique.

– L’activité physique augmente la sensibilité à l’insuline ainsi qu’à l’adiponectine, une hormone anti cancérogène.

– Le taux de survie de patients touchés par le cancer du colon est corrélé avec l’activité physique et l’augmentation de IGFBP-3 (protéine de liaison au facteur de croissance apparenté à l’insuline), un facteur qui favorise la mort cellulaire.

– L’excercice physique augmenterait la production de cellules NK  (cellules tueuses naturelles) du système immunitaire capables de tuer les cellules cancéreuses. 

Pour les autres pathologies.

– L’exercice physique peut être considéré comme  un médicament pour le cœur : il a un effet vasodilatateur des artères, en particulier au niveau de l’endothélium, la partie interne des vaisseaux.

– L’exercice physique contribue au maintien de l’équilibre spatial et aide à prévenir les chutes chez les personnes âgées.

– L’activité physique favoriserait la formation au niveaux neurones et une meilleure communication entre eux ».

– L’activité physique est un anti-inflammatoire naturel. À un niveau modéré elle produit un effet bénéfique sur la douleur en cas d’arthrose, en particulier dans l’arthrose du genou.

– Des hormones sont stimulées par l’activité physique ; comme la noradrénaline, un neurotransmetteur libéré par les neurones, qui agit sur les émotions et le stress ».

– Le sport joue son rôle sur la dégradation des graisses en brûlant les calories.

– L’activité physique fait partie intégrante du traitement du diabète de type 2 en stimulant les cellules beta pancréatiques dans la production de l’insuline.

– Pour les enfants, une activité physique adaptée est indispensable à la néovascularisation qui permet une meilleure répartition de l’insuline et du glucose au niveau des muscles.

On voit donc tous les bienfaits de l’activité physique. De plus, à rappeler que les contre-indications sont rarissimes.

Le site <www.mangerbouger.fr> n’est donc pas qu’un slogan qu’utilise la publicité pour faire consommer des fruits et des légumes.

Références

1- Dupuy Maury F. Activité physique. Pourquoi bouger ? pp 25-35, INSERM Magazine n°41 novembre 2018

Norbert Latruffe

Professeur Émérite à l’Université de Bourgogne, Dijon

Chercheur bénévole au laboratoire de Biochimie