Florie, 29 ans, attachée commerciale

Quand et de quelle manière avez-vous appris le cancer de votre papa ?

« Fin novembre 2020, mon papa se plaignait de maux de ventre. On pensait que c’était une simple gastro au début mais les symptômes se sont amplifiés avec un transit perturbé : vomissements, diarrhées, constipations et mal de ventre persistant. Il a donc passé une échographie qui n’a rien donné, puis un scanner. L’examen a révélé une tumeur qui lui créée une occlusion intestinale au côlon droit. Le lendemain matin, il a été opéré en urgence. On lui a retiré la tumeur, l’intestin nécrosé et les ganglions lymphatiques. Le 21 décembre, les résultats de la biopsie ont révélé que c’était un cancer avec atteinte des ganglions lymphatiques proches du côlon. Suite à un PET Scan, nous avons également découvert qu’il avait une dizaine de ganglions lymphatiques cancéreux. Mon papa n’a pas souhaité connaître le stade de la maladie pour pouvoir garder le moral le plus possible et se battre. Nous savons que nous ne sommes pas au début de la maladie. Tous les quinze jours, il a de la chimiothérapie pendant trois jours. Ce protocole va durer au moins six mois. »

Comment avez-vous vécu le parcours de sa maladie ?

« À l’annonce du diagnostic, j’ai eu peur. La maladie, le mot cancer, fait peur, même si je sais que ce n’est pas une fin en soi, beaucoup de gens guérissent, la médecine et la recherche évoluent de jour en jour. J’ai eu un temps où je n’étais pas bien, il faut essayer de l’accepter même si c’est extrêmement difficile. Je voulais savoir le stade de la maladie pour me préparer à tout éventualité et connaître tous les renseignements pour faire face au mieux à la maladie et au traitement. Je sais qu’il y aura des hauts et des bas. La chimiothérapie va beaucoup l’affaiblir. Il est important de pouvoir se confier et de garder au mieux le moral pour l’accompagner dans les épreuves car chaque jour est une nouvelle étape. Aujourd’hui, je considère que son combat, c’est mon combat. C’est mon papa qui vit ça, qui passe son temps à l’hôpital, qui a des examens et qui subit la chimiothérapie. En tant que proche, mon rôle est d’être présente pour lui, de parler de la maladie quand il le souhaite et essayer de lui changer les idées en l’incluant dans de futurs projets. Même s’il est difficile parfois pour moi de gérer mes émotions j’essaie avant tout de rester positive pour lui, ma famille et pour moi. En tout cas, je suis persuadée que le mental et être positif sont des éléments très importants dans la guérison. Il ne faut rien lâcher, il faut se battre et y croire. »

Aujourd’hui, qu’est-ce qui a changé dans votre vision de la maladie ? Dans votre vie en tant que proche de malade ?

« Dans ma famille maternelle, il y a déjà eu un cancer. C’est un sujet sur lequel j’ai maintenant assez de recul et qui n’est pas tabou au sein de ma famille. Je pense qu’en parler librement est très important afin de ne pas garder nos émotions. Malheureusement, cette maladie reste encore taboue, notamment le cancer colorectal pour sa localisation. Le cancer a malheureusement changé nos vies, c’est pourquoi il est important de pouvoir en parler pour se faire aider et ne pas vivre ces épreuves seul. »

Avez-vous un message à adresser ?

« Mon papa a 60 ans, il n’a pas fait de dépistage et n’avait jusqu’à présent aucun problème de santé. Son regret, aujourd’hui, c’est de ne pas avoir fait de dépistage. C’est en partie pour cette raison que je souhaite sensibiliser ma génération. Incitez vos proches, amis, famille à sensibiliser et à participer aux dépistages des cancers colorectaux, du col de l’utérus et du sein. Le dépistage évite des traitements lourds, de la souffrance et surtout sauve des vies. »

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